Les fraîcances
L'énorme potentiel du tourisme climatique au Québec
Fraîcances : fraîcheur/vacances. "Coolcation" en anglais.
Ce terme fait référence au nombre croissant de voyageurs qui évitent la chaleur des destinations estivales traditionnelles au profit de climats plus frais. Je les appelle les fraîcanciers ou les touristes climatiques.
Savez-vous qu’ont en commun la Russie et le Canada ? Ce sont les pays les plus aptes à résister à la hausse des températures à venir. (voir carte à la prochaine page). Ce qui n’empêche: nous avons et aurons nous-mêmes de plus en plus d’aléas climatiques au Québec (feux de forêt, épisodes de pluie verglaçante, inondations, vagues de chaleur, tornades, etc.) mais nous possédons également un avantage énorme, celui de la température moyenne estivale « fraîche » par rapport à la très grande majorité des pays alors que leur tourisme estival devient de plus en plus sujet aux vagues de chaleur incompatible avec une expérience touristique agréable.
Or, comme le démontre les données disponibles sur l’impact des vagues de chaleur sur le choix d’une destination touristique, surtout chez les 55 ans + (ceux là mêmes qui ont l’argent pour voyager), on constate en Europe, depuis 3 ans, une migration des touristes vers les pays nordiques. D’un phénomène marginal, ce nouveau comportement devient une tendance lourde à L'international qui peut permettre au Québec de se positionner comme un vaste ilot de fraicheur pour Américains et Européens en surchauffe.
Québec : du froid négatif au frais positif estival
Historiquement, le seul élément négatif des touristes américains envers le Canada, dans les sondages, est la perception qu’il y fait toujours froid, surtout l’hiver, contrairement aux Français, pour qui la « froidure » constitue un caractéristique positive. Mais à partir de maintenant et ça va s’accélérer, pour une majorité d’Américains et d’Européens, le Québec pourra être perçue comme une destination estivale permettant de fuir les vagues de chaleur de leur pays et de vivre des expériences avec une fraîcheur relative, mais bien réelle.
Du frais négatif automnal au chaud positif
De même, les changements climatiques nous apportent des automnes plus beaux et chauds pouvant prolonger ainsi la haute saison touristique jusqu’à la mi-octobre. L’automne traditionnellement froide, contribue avec des températures à la hausse, à allonger l'été. Bref, une opportunité de désaisonnaliser notre haute saison touristique pour autant qu’on puisse les accueillir en régions, après la Fête du Travail.
Pourquoi cet optimisme ? Voyons les données disponibles décrivant ce nouveau phénomène touristique et démontrant le potentiel québécois pour, par la suite, couvrir ensemble les actions prioritaires afin de réussir un nouveau positionnement tenant compte des enjeux à résoudre pour y parvenir.
Jean-Michel Perron / jmp@parconseils.ca
Carte des températures moyennes estivales sur l’horizon 2040-2059, selon le scénario « moyen-élevé » (celui actuellement probable, le SSP3-7.0) de hausses des températures. Russie et Canada ressortent nettement (avec la Mongolie). Source : Climate Impact Lab
Carte des températures moyennes estivales sur l’horizon 2040-2059, selon le scénario « moyen-élevé » (celui actuellement probable, le SSP3-7.0) de hausses des températures. Russie et Canada ressortent nettement (avec la Mongolie). Source : Climate Impact Lab
1. Un réel marché potentiel ?
Des chiffres sur le marché émergent des fraîcanciers :
- En 2025, la popularité des destinations méditerranéennes a chutée de 8 %, selon une étude de la Commission européenne du tourisme, tandis que 28 % des voyageurs européens recherchent désormais des destinations plus fraîches.
- Trois voyageurs européens sur quatre (76 %) adaptent leur comportement face à la crise climatique, selon une nouvelle enquête de la Commission européenne du tourisme (ETC). Un tiers (33,7 %) des Européens ont déclaré éviter les destinations où des phénomènes météorologiques extrêmes étaient probables.
- Une tendance confirmée par la plateforme Booking.com et le réseau américain de voyages de luxe Virtuoso, dont plus de huit clients sur dix (82 %) ont placé les températures fraîches comme critère déterminant de leur choix de destination ce qui traduit un tournant dans le tourisme estival : une partie des vacanciers ne partent plus seulement pour se dépayser, mais bien pour échapper à la chaleur.
- Selon la compagnie aérienne scandinave SAS, les réservations depuis la France et l'Italie vers les villes du nord de la Suède ont bondies de 50 à 60 % en 2025.
- La France connaissait 1,7 jour de vagues de chaleur par an avant 1989, elle en a subi 9,4 sur la dernière décennie, selon Météo-France.
- Selon une enquête menée auprès de 6 000 Européens par la Commission Européenne de Tourisme, les voyageurs de plus de 55 ans sont les plus enclins à éviter les zones chaudes et à privilégier les lieux avec des conditions météo plus stables.
Qu’est-ce qu’une journée de chaleur ? On la définit à 30c + au Québec mais ailleurs, c’est 32c (USA) ou 35c (Europe) minimum… et lorsqu’il y a une vague de chaleur (4 jours minimum consécutifs), l’impact sur l’expérience touristique est directe. Voyager à 32c versus 42C, fait toute une différence pour l’avoir vécu personnellement plusieurs jours au Utah et en Égypte. Alors, quand au Québec, on se plaint d’une vague de chaleur à 30c ou 33c, c’est en réalité frais par rapport aux vagues de chaleur de nos voisins américains ou de nos amis européens. Tout comme vos enfants se rappelleront de leurs été à 30c dans les années 2020 comme étant fraîches par rapport à la réalité de 2050.
- Jean-Michel Perron -
- Les délais entre les réservations et les séjours se raccourcissent, ce qui rend les choix de destination de plus en plus “météo sensibles” , observe Olivier Petit, du cabinet In Extenso.
- Entre 2019 et 2022, les trois régions françaises qui ont vu leur nombre de nuitées touristiques augmenter le plus (tous types d’hébergements confondus) sont la Bretagne, la Normandie et les Pays de la Loire. Sur la même période, l’Occitanie, elle était en recul. Et la Côte d’Azur, pourtant parmi les destinations historiquement les plus prisées, n’échappe pas à la règle : entre 2022 et 2023, la fréquentation des hôtels, campings et hébergements de tourisme y a baissé de 1,1 %, à rebours de la tendance nationale (+ 2,3 %).
Le journal Le Monde indiquait en août 2024 que « dans les enquêtes menées auprès des touristes, les effets repoussoirs, ce sont la pluie, le vent, les basses températures. Pas la chaleur » mais que « davantage que les fortes chaleurs ou les paysages calcinés, ce sont les hausses de prix qui vont finir par pousser les touristes vers des contrées plus fraîches. La multiplication des canicules va entraîner des coûts supplémentaires pour les hébergeurs et les restaurateurs. Ces destinations sont appelées à devenir de plus en plus chères… »
“We found a clear north-south pattern in changes in tourism demand, with northern regions benefiting from climate change and southern regions facing significant reductions.”
- Joint Research Centre (JRC), scientific advisors to the European Travel Commission (2023) -
2. Les données sur la chaleur future au Québec et sur nos marchés prioritaires
Le Québec peut être reconnu comme un ilot de fraicheur touristique car dans les prochaines années et décennies, malgré les hausses des températures estivales ici, nous demeurerons plus frais que la très grande majorité des pays.
Sur la base du scénario climatique SSP3-7.0 (“moyen-élevé”, dans lequel il n’y a pas de politique climatique ambitieuse supplémentaire par rapport à ce qui existe déjà et les émissions de gaz à effet de serre et d’autres polluants non-CO₂ restent élevées), ce sera une hausse de 3,6c en 2100 en moyenne sur la planète (l’Accord de Paris en 2015 visait moins de 1,5c en 2100, atteint déjà en 2024 à 1,52c! ).
Où ça devient intéressant pour le Québec (je sais, le malheur des uns fait le bonheur des autres et on ne doit aucunement se réjouir des impacts dévastateurs sur les populations), c’est de se comparer avec les journées à venir à plus de 35c, par année, sur certains de nos marchés touristiques étrangers d’importance. Le graphique ci-après (rouge : # jours minimum, rose : # jours maximum) compare Montréal et Québec avec 7 villes américaines et françaises. Nettement, nous serons épargnés par les fortes canicules, ce qui ne sera pas le cas des autres villes, surtout américaines.
Naturellement, le marché américain des fraîcanciers est notre cible même si certaines zones des États-Unis (Rocheuses, Maine...) pourront également prétendre détenir la fraîcheur estivale. Mais ces visiteurs potentiels américains ne désirent pas non plus "qu'être au frais". C'est ici que la culture urbaine de Montréal et de Québec, incluant l'événementiel de qualité, constitue une forte valeur ajoutée. Notre profil de rêve pour un tourisme durable ? Des Américains (avec le niveau de dépenses, par jour, déjà le plus élevé des touristes au Québec) venant de New York ou du New Jersey en automobile électrique !
L'exemple de la région française du Cotentin
" Lorsque de fortes chaleurs s’abattent sur la France, il est une péninsule où les thermomètres grimpent moins qu’ailleurs : le Cotentin. Là-bas, entre le nez de Jobourg et le port de Goury, dans ce territoire qu’on appelle aussi « la petite Irlande », le chercheur Matthieu David mène une enquête auprès des touristes, pour comprendre les raisons de leur présence sur ce territoire. Il en ressort que la « quête de fraîcheur » est une motivation centrale pour la moitié des vacanciers interrogés – une forme d’adaptation, selon le géographe, des flux touristiques au changement climatique.
« Pour certains, cette quête est stratégique : ils souhaitent éviter les grosses chaleurs du Sud. Pour d’autres, ce choix est tactique : ils décident au dernier moment de venir, en réaction à une anticipation d’un épisode de canicule », explique ce doctorant à l’université de Caen, qui consacre sa thèse à ce « refuge climatique ». Le succès touristique du Cotentin, qui a vu son nombre de visiteurs progresser d’environ 13 % en dix ans, serait un « signal faible » de nouvelles logiques touristiques, relève Matthieu David.
- Source: Le Monde, 6 août 2024 -
(Sources synthétiques ChatGPT : IPCC/CMIP6 résumés, World Bank Climate Knowledge Portal, Ouranos/Climate Atlas of Canada, études locales NYC/Houston, articles de synthèse pour la France.)
(Sources synthétiques ChatGPT : IPCC/CMIP6 résumés, World Bank Climate Knowledge Portal, Ouranos/Climate Atlas of Canada, études locales NYC/Houston, articles de synthèse pour la France.)
3. Le Québec peut se positionner sur le marché des fraîcanciers
L’impact des vagues de chaleur sur le comportement des touristes est déjà constaté. Joint avec d’autres facteurs décisionnels pour sélectionner une destination (coûts, disponibilité, distance, etc.), une partie des touristes impactés vont choisir de « faire du local et du régional » mais d’autres vont sélectionner (d’avance ou à la dernière minute) une destination fraîcheur.
Comme la Norvège l’a subi cet été (2025) – lire ici cet article récent du NY Times à ce propos - , la concentration de ces fraîcanciers vers un nombre limité de destinations disponibles, engendre des impacts négatifs qui bouleversent les communautés locales et l’environnement.
Alors à nous de s’y préparer et de solliciter ce nouveau marché. Certains vont dire qu’on ne devrait pas miser encore plus sur notre haute saison estivale, ce à quoi je réponds :
1. Ce n’est pas parce que nous sommes presqu’à pleine capacité d’hébergement en été que ça va nécessairement se poursuivre dans les années à venir (crise économique, sociale, pandémique, coût de la vie…) .
2. Oui on parle de l’été mais surtout pour les mois de mai, juin, septembre et octobre (alors qu’il peut très bien y avoir des canicules sur nos marchés prioritaires pour ces mois comme la France le vit actuellement à la mi-septembre 2025, -voir ici article du quotidien Le Monde- .
3. Les touristes climatiques qui vont pouvoir à la dernière minute changer leur plan de vacances (ce qui est souvent coûteux) et choisir le Québec pour sa fraîcheur sont à revenus élevés, ils dépensent plus et sont plus résilients dans un contexte économique difficile.
" Envisioning a society in which the traditional season of respite becomes a season when we instead brace for impact is a dizzying exercise. In some places, domestic tourist sectors could regenerate as people recognize that the demand for spontaneity is better served by destinations close to home. In turn, foreign vacations may become incrementally more rarefied, the preserve, once again, of the affluent classes that can afford to alter plans on short notice. But in every case, it will become harder to see our best-laid plans through to fruition, and that threatens the foundations of hope.
Consequently, we all have cause to ask: What kind of life will it be? If the vacation is a keystone of the individual pursuit of gratification and a marker of relative wealth, its circumscription should remind us that no one is fully immune from the emotional toll of extreme weather. Climate change might not flood your house. But it may very well erode the things that give you joy.”
- Henry Wismayer, écrivain londonien -
Le Québec, avec la tendance des fraîcances, devrait miser en priorité sur l’allongement de la haute saison estivale par les mois de mai-juin et de septembre-octobre. L’hiver a évidemment son fort potentiel distinct malgré les nouvelles contraintes (moins d’enneigement dans le sud, saison de ski plus courte, conditions plus aléatoires par les périodes de gel/dégel). Les changements climatiques de mai à octobre amèneront de plus en plus de feux de forêt (dont la fumée et l’interdiction de certains activités), des coups d’eau, de vents forts mais aussi les opportunités suivantes en mai/juin et septembre/octobre (en plus du tourisme d'affaires et sportif) :
- Agrotourisme et événements gourmands
- Le tourisme de bien-être
- Observation de la faune et des oiseaux migrateurs
- Le tourisme autochtone
- Festivals d’automne et les couleurs
- Workation (travacances)
Pour s’y préparer, pour maximiser le fort potentiel, par visiteur, de retombées économiques tout en étant crédible dans sa transition durable; et si j’étais ministre du tourisme ou dg d’une association touristique, je supporterais dès maintenant la mise en place d’actions visant à devenir une destination majeure pour les fraîcanciers, dont voici les principaux éléments qui répondent à des enjeux/limites bien réels :
Castor au site de tourisme autochtone Amishk, 2018
Castor au site de tourisme autochtone Amishk, 2018
1. Adapter l’offre touristique
Afin d'éviter les impacts négatifs de la hausse rapide des fraîcanciers comme en Norvège à l'été 2025, il faut poursuivre la gestion optimisée des flux touristiques dans les zones à fort achalandage comme des destinations (ex: Vieux-Québec, Percé), des attraits (ex: Chûtes Montmorency, Parc national OKA) et....YUL ! Que ce soit par une nouvelle tarification, des réservations obligatoires, des modifications physiques, une meilleure répartition territoriale. Et surtout s'assurer de considérer l'acceptabilité d'une majorité des résidents locaux face au tourisme et les limites de la biodiversité locale.
Pour pouvoir faire le plein de visiteurs prioritairement en septembre-octobre, encore faut-il, surtout en région, que les entreprises demeurent ouvertes. L'enjeu ici sont les ressources humaines saisonnières disponibles et l'horaire des commerces touristiques (restaurants, attraits, activités). Certes, l'immigration permanente ou saisonnière fait partie de la solution mais pas uniquement.
Dans le contexte d'automnes plus chauds, la question du calendrier scolaire - un vieux débat, soit celui de repousser le début dans la saison d'automne - et même des vacances des Québécois.es - le déplacement récent de juillet vers le mois d'août - , démontre la possibilité de changer les habitudes et devrais donc se poser. De même, dans le contexte des programmes de soutien financiers publics limités pour les événements/festivals, peut-on penser déplacer certains grands événements à l'automne ? Bref, Il faut que durant ces deux mois, une même région touristique, propose une majorité des services touristiques qui demeurent ouverts ! Ce n'est vraiment pas la réalité de 2025. Une action concertée, appuyée par un programme de soutien financier des PMEs les 3 premières années serait nécessaire en parallèle avec les campagnes marketing ciblées.
Le second chantier pour y parvenir repose sur un marketing ciblé, personnalisé et agile conjugué à des communications responsables dans le contexte des changements climatiques.
2. Un marketing ciblé, réactif et responsable
Comme on le voit, nous ne sommes pas les seuls pays nordiques à pouvoir profiter ce ce nouveau segment touristique et nous aurons nous-mêmes, comme destination touristique, à gérer d'autres aléas climatiques dont les inondations et les feux de forêt. De plus notre priorité, on sollicitant à nouveau le tourisme estival (plusieurs destinations québécoise ont pratiquement abandonné la promotion de cette saison) est de les inciter à voyager vers mai-juin et septembre-octobre et de les répartir sur notre vaste territoire.
Il y aura deux types de fraîcanciers provenant de l'étranger:
- Ceux qui d'avance vont vouloir réserver une destination avec l'avantage estival de fraîcheur: les 55 ans +.
- Les très riches qui pourront se permettre d'attendre à la dernière minute de voir si la Côte Est américaine ou l'Italie qu'ils voulaient visiter sera sous une vague de chaleur avant d'opter pour le Nord comme les homards de la Nouvelle-Angleterre le font depuis quelques années vers le golfe du Saint-Laurent.
Ceci implique de faire reconnaître notre été comme étant fraîche, de cibler et de personnaliser nos actions marketing vers les fraîcanciers potentiels sur nos marchés prioritaires étrangers (l'effet Trump du tourisme américain vers le Québec ne durera pas éternellement; de plus ce tourisme se transformera à cause de l'écart de richesses élevé aux USA).
Il nous faudra communiquer responsablement notre météo réelle et savoir réagir aux aléas climatiques régionaux. Notre vaste territoire sera rarement en totalité sous l'effet d'un même aléa climatique que ce soit des feux de forêt ou des inondations. Saurons-nous avec agilité, conseiller et diriger nos visiteurs vers des zones non-impactées ? Les fraîcanciers vont nous choisir à étant des touristes climatiques ne supportant pas la chaleur. Ils ne doivent pas subir, rendus ici, les impacts d'aléas mal gérés...
Une vue aérienne des feux de forêt en 2023 dans le Nord du Québec. (Crédit Frédéric Chouinard, La Jamésien)
Une vue aérienne des feux de forêt en 2023 dans le Nord du Québec. (Crédit Frédéric Chouinard, La Jamésien)
A cet effet, apprendre de l'expérience du Los Angeles Tourism & Convention Board sur comment se repositionner suite à un événement climatique négatif est fort intéressant. A lire ICI l'art de se relever comme destination touristique car ce n'est qu'une question de temps qu'ici au Québec ,une ou des destinations touristiques vont vivre malheureusement ce type de situation.
3. Décarboner et dépolluer
Le recul actuel de la part de la grande majorité des gouvernements (à l'exception du UK et de l'Australie) de concrètement agir pour diminuer l'empreinte carbone de leur pays, peut s'expliquer par le président Trump aux Etats-Unis mais il n'est qu'un accélérateur d'une tendance entamée bien avant son élection. Le recul climatique s'étend maintenant au monde financier, aux entreprises multinationales et à bien des PMEs dont en tourisme au Québec. Notre ministère du tourisme n'agit pas autrement, malgré la pléiade de références au tourisme durable et responsable dans ses communications. Ainsi, à ce jour, nous n'avons aucune idée du poids carbone du tourisme québécois et de nos impacts sur la pollution et la perte de biodiversité. Dans le plan stratégique de « croissance durable » du ministère du tourisme (2025-2030), lancé au printemps dernier, il n’y a AUCUNE CIBLE crédible ou précise en durabilité.
Les touristes fraîcanciers seront nos premiers touristes climatiques. Viendront également ceux en quête d'un hiver avec de la neige....Très sensibilisés aux impacts du climat, ces visiteurs écoresponsables choisiront en priorité une destination qui en plus d'être fraîche, soit réellement durable...
Avant de se protéger (adaptation aux changements climatiques) et de réparer (tourisme régénératif) la Nature, la priorité ne devrait-elle pas être de moins contribuer au problème de base (les GES) qui cause les aléas climatiques ?
Et la seule solution, à ce jour, pour décarboner sérieusement le tourisme est de faire preuve de sobriété dans tous les secteurs et décroître dans les secteurs les plus polluants, soit l'aérien, les croisières internationales et tous nos événements largement subventionnés, ceux qui reposent sur les énergies fossiles comme la F-1. Oui, je sais, on fait le contraire et le PIB touristique demeure notre SEUL INDICATEUR DE PERFORMANCE pour évaluer notre succès !
L'adaptation aux changements climatiques est incontournable pour assurer la résilience de notre secteur. Redonner à la Nature et aux communautés visités une nécessité.
4. Devenir résilient aux aléas par des mesures d’adaptation et des atténuations concrètes pour le voyageur
Nous ne pourrons accueillir les touristes climatiques, si comme entreprise et destination touristique, nous ne pouvons garantir la qualité des expériences offertes et la pérennité financière, sociale et écologique de nos PMEs. " L'adaptation cherche à maintenir la viabilité des activités et à préserver l’expérience client, même dans des conditions moins prévisibles." comme le mentionnait, avec raison, la Fédération des Pourvoiries du Québec en avril 2025.
La transformation du tourisme québécois s'est bien amorcée à cet effet car nos entreprises privées ont compris qu'il en coûte financièrement beaucoup moins cher de s'adapter que de subir les événements extrêmes (aléas). Tant mieux si ça sert l'environnement naturel, par ricochet....
Même si nos jours et nos vagues de chaleur seront largement moindre en température et en durée que la très grande majorité des pays émetteurs de touristes vers le Québec, il n'en demeure pas moins qu'il faut atténuer nos journées de chaleur afin d'avoir un " indice de fraîcheur perçue " élevé. Quelques pistes:
Parc national Pingualuit, Nunavik, Québec
Parc national Pingualuit, Nunavik, Québec
En terminant...
On assiste à un fait rarissime dans l’histoire moderne du tourisme, l’arrivée d’un nouveau critère, bientôt généralisé, de sélection d’une destination: la fraicheur estivale qui s’ajoute ainsi à la sécurité, l’accessibilité, le prix, la distance, la disponibilité des services/attraits/activités recherchés, l’unicité et la notoriété de la destination.
Soyons opportunistes mais comme le mentionne Mme Felin dans l'extrait ci-joint, soyons prudents de mitiger les impacts générés par l'opportunité des frâicanciers.
On ne doit pas, non plus, que profiter de cet aléa des changements climatiques (la hausse des températures) : nous devons contribuer sérieusement et urgemment à la décarbonation et à la dépollution du Québec tout en préservant nos ressources. Agir autrement serait irresponsable et éthiquement immoral.
Parc National des Hautes-Gorges, Jean-Michel Perron, 2025.
Parc National des Hautes-Gorges, Jean-Michel Perron, 2025.
For Hedda Felin, it’s going to take more than patience to get the balance right. As chief executive of Hurtigruten, whose ships have carried freight and locals up and down Norway’s western coast for 130 years, but whose passengers are now predominantly tourists, she’s had a ringside seat to the transformation.
“Everyone wants to come now,” she said. “But we are getting to a breaking point.”
As an adviser to the Norwegian government, she argues for stricter environmental regulations. But she’d also like to see the country resist trends like coolcations in favor of a more sustainable approach.
The important thing, she said, “is to spread tourism out, so that it’s all over the country — and all over the year.”
- Extrait de l'article du NY Times du 20 août 2025: "In Norway, Are ‘Coolcations’ Taking a Toll ?" -

